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mercredi 24 janvier 2007, 14h57
CONAKRY (AFP) - Des représentants du pouvoir et des syndicats négociaient mercredi pour trouver une issue à la crise qui paralyse le pays depuis le 10 janvier, début d'une grève générale au cours de laquelle au moins 44 manifestants ont été tués par la police. Les deux centrales syndicales à l'origine de la grève ainsi que d'autres organisations de travailleurs ont repris des pourparlers avec plusieurs ministres, des membres du bureau de l'Assemblée nationale, du Conseil économique et social, de la Cour suprême ainsi que des responsables religieux.
"On va tout faire pour trouver une solution. Le pays est toujours arrêté et des gens ont été tués, on doit réparer cela", a déclaré à l'AFP Rabiatou Sérah Diallo, secrétaire générale de la Confédération nationale des travailleurs de Guinée (CNTG). Elle s'exprimait à la mi-journée, peu avant l'ouverture des discussions au Palais du peuple, siège de l'Assemblée nationale à Conakry.
La CNTG et l'Union syndicale des travailleurs de Guinée (USTG) ont lancé le 10 janvier un mouvement de grève, initialement pour protester contre la baisse du pouvoir d'achat, la corruption et l'ingérence du chef de l'Etat dans les affaires judiciaires. Face à l'intransigeance du pouvoir, le mouvement s'est radicalisé et les syndicats se sont substitué aux partis d'opposition, divisés et très marqués ethniquement, pour exiger la nomination d'un Premier ministre aux pouvoirs élargis.
Quatorze formations de l'opposition ont toutefois affirmé leur soutien aux syndicats, qui souhaitent alléger les pouvoirs du président Conté, 72 ans, au pouvoir depuis 1984 et affaibli par la maladie. "Les syndicats veulent que le président Conté se retire de la gestion des affaires tout en conservant ses titres et privilèges pendant un certain temps, jusqu'à ce qu'un dialogue national décide de l'avenir du pays", estime Gilles Yabi, spécialiste de la Guinée pour l'International Crisis Group (ICG), joint par l'AFP à Dakar.
Le dialogue entre les parties, suspendu depuis le 20 janvier, a été renoué lundi soir, à la faveur d'une intervention de la première dame Henriette Conté, qui a convaincu les syndicats de revenir à la table des négociations. La situation était globalement calme mercredi dans la capitale, où le dispositif de sécurité a été allégé. Quelques étals de petits vendeurs étaient même installés le long des rues du centre-ville et plusieurs stations-service avaient rouvert. Quelques incidents sporadiques ont été constatés par des journalistes de l'AFP dans la banlieue entre petits groupes de jeunes et policiers, notamment à Koloma et Lambanyi, mais aucun blessé n'a été mentionné. En province, une seule manifestation a été signalée par des habitants à Mamou (centre), où plusieurs milliers de personnes ont marché dans le calme pour demander le départ du président Conté. La situation s'est progressivement apaisée en Guinée depuis la répression qui a répondu aux manifestations du 22 janvier, faisant 34 morts, dont 4 enfants, et plus de 150 blessés. Cette journée fut la plus meurtrière depuis le début d'un mouvement dont le bilan des victimes atteint 44 morts. Ces violences ont été unanimement dénoncées par la communauté internationale, qui a exprimé son inquiétude. La grève a notamment perturbé la production minière, principale source de revenus de l'Etat, quasiment arrêtée depuis le 19 janvier.
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